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Des chemins et des sentiers (Daniel Maringue) Version imprimable Suggérer par mail
Le mercredi, 25 février 2009 13:56
Chemin des prés

Il n'y a pas de chemin, écrit le poète. Le chemin se construit en marchant. Qui est, en ce cas, le marcheur invisible ? Qui, de ses pas, peut dessiner l'ombre sinueuse, pareille à une âme égarée ? Un peintre conteur, las des certitudes et des mots pour les dire, aux routes sages préférant les sentiers vagabonds.

Estomper, diluer, puis prendre la tangente. Retrouver les chemins d'écolier et les routes en zigzags. Ici un ruisseau improbable, là, un feu de camp. Daniel Maringue poursuit la trame et file la métaphore des routes qui serpentent.
Sous ses pieds, l'herbe humide, mais aussi la terre, à laquelle rien n'échappe, pas même les échos. Et plus loin, de longues rangées d'arbres prisons, aux troncs longs et noirs comme des barreaux. Eux ont le pouvoir de capturer les songes... Le marcheur, et lui seul, sait de quoi il retourne, il connaît les chemins qui ne mènent nulle part, ceux qui conduisent ou éconduisent. Peu lui importent les cailloux laissés là par une main prévoyante.
Parmi les entrelacs, les méandres, il nous mène à sa guise, dans ce dédale de tracés fugitifs, où rien n'est jamais donné d'avance. Il ne s'agit pas de perdre un ennemi, non, mais simplement de faire rebrousser chemin, puis reprendre la route, en un incessant va-et-vient. Le souffle peut bien s'épuiser, les nuages s'en moquent et poursuivent leur course, piètres bergers.
Puis, quand fatigué d'avoir tant marché, le regard s'assoupit au creux d'une anse ou d'une douce clairière, ce sont les arbres qui se penchent sur lui, le bercent et libèrent pour lui les songes retenus prisonniers. Dans ce coin de nature, le calme est revenu.

Le paysage est chose fragile. Car il s'offre à la marche, et soudain se refuse, il se dévoile, et aussitôt vacille. Il y a mille et une façons de cheminer en lui, mille et une façons d'en suivre le fil. Mais la plus belle est sans doute celle choisie par le peintre, quand il nous ouvre la voie.

Il n'y a pas de chemin. Le chemin se construit en peignant.

Anne-Sophie REINEKE, février 2009

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