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Depuis 1970, Daniel Maringue peint la présence et l'absence de L'Homme
dans un monde agité de moins en moins sensible à la contemplation.
Parallèlement à son activité artistique, il exerce la profession
d'assistant socio-éducatif et anime un atelier d'arts plastiques pour
des enfants de 3 a 9 ans. Plusieurs expositions â thèmes permettent
de suivre son itinéraire :
1992
Avec Omniprésence, il le veut partout à la fois par la magie et
la puissance de la pensée.
1996
Avec Les voyageurs Immobiles, il évoque le souvenir et la nostalgie des
dures activités humaines disparue les espérances restées
au port.
1997
Avec La Loire, il parle de son enfance, des grands espaces de liberté,
da la langueur, des eaux cruelles.
1998
Les silences sont ceux de la colère, de la résistance à l'indifférence, à l'agitation
médiatique.
1999
Restera l'année de L'Exode, de 1a barbarie qui resurgit depuis la préhistoire
comme le fil rouge d'une triste condition humaine.
2001
Avec les Flottements, il cherche tous Les pièges, les leurres, les illusions,
les hantises d'un siècle nouveau. Il faudra être lucide...
2002-2003
La rechute d'Icare lui permet d'aborder le thème universel de l'homme
qui se brûle les ailes à vouloir toujours aller au delà du
possible.
2004-2005
Que du vent, la représentation du vent est a La fois une gageure et un
clin d'œil au fait d'être peintre. Un regard plein de nuances et
de légèreté, d'où vient le vent ?
Une invitation pour se balader sur les bords d’une Loire imaginaire ; aucune toile peinte sur le motif ou d’après photographies, mais une lente révélation par la couleur d’images mémorisées au fil du temps.
Le sable, le ciel, l’eau se confondent et construisent un espace de silence et de divagation.
Une Loire sauvage, rebelle, nonchalante, dangereuse et charmeuse vous offre toutes les variantes d’ocre et de gris. La lumière plonge d’un nuage, jaillit des remous, s’accroche aux grains de sable. Elle frémit sur les saules, rebondit sur les galets.
Il faut avoir marché à contre-courant pour sentir la force du fleuve et la douceur de la rivière, être resté les yeux fascinés par ces courants qui vous murmurent : « tu es libre ! »
Un fleuve à contempler sans réserve, à protéger à tout prix !
Que « Mémoire de Loire » ne devienne jamais « En mémoire de la Loire ».
Cette exposition a été présentée pour la première fois à l’Hotel de Ville de Montélimar , au mois de Février 2005, en tant qu’invité d’honneur du 40ème salon.
Toute peinture peint la naissance des choses, la venue à soi du visible (Bergson, L’œil et l’esprit)
Un souvenir éclot soudain au bord de la conscience. Voici la mémoire de l’enfance qui laisse s’épancher l’image d’une nature sereine et intacte. La main retrace les paradis de rives perdues, dont la pureté vit encore dans les méandres du fleuve et les bouquets d’arbres bleus.
Daniel Maringue relate ces impressions laissées dans le fond d’une âme. Il aime les lueurs entre chien et loup, les crépuscules oubliés. Et lorsque le jour s’apprête à naître ou à mourir et baigne de sa lumière incertaine les rives de la Loire, il recueille au sein de la matière, réceptacle souple et fluide, tous ces instants fugaces. Seule la vision muette peut saisir les silences de couleurs ; seul l’artiste peut donner corps à l’inaudible et façonner ces songes du passé, pour que naissent encore, entre ces bandes de terre et d’eau, des espaces sans bornes, des arbres immenses.
Chaque toile crée son rythme propre. Variation autour des heures, des saisons, elle trouve là ses motifs principaux et déploie, à sa façon, un temps nouveau : un présent qui dure toujours.
De la terre humide s’élèvent alors des effluves, aux exhalaisons des bois se mêlent les brouillards matinaux. L’air s’emplit de rosée. Ici, un sentier à peine foulé. Là, un banc de sable, dont la claire présence semble à jamais ancrée au centre du paysage. Les contours demeurent indistincts, hésitant encore à se dévoiler au promeneur.
Pourtant, imperceptiblement, les arbres voraces vont se rendre maîtres des lieux et capturer les teintes ultimes, les chants des oiseaux venus se perdre en eux. Troncs et branches disparaissent ainsi dans la masse épaisse, compacte des feuillages. Les ombres ouatées grandissent, s’allongent, jusqu’à s’étendre à la surface du fleuve et se métamorphoser en reflets. Le soir a vaincu. Tout devient plus dense, plus fragile également. De la terre au ciel, du ciel à la terre, le regard embrasse ces corps invisibles devenus palpables, ces bruissements, et s’imprègne des derniers miroitements.
L’artiste ne sait pas mentir ou, quand il le fait, ce n’est que pour rendre plus vraie encore une vision idéale. Il nous apprend à regarder, à discerner les forces tapies, que nous ne soupçonnions plus. Les saules de sa mémoire ploient sous les vapeurs légères, s’inclinent devant le vent qui les frôle ; l’improbable modèle un monde à sa mesure, et chaque instant, chaque espace se mue en une réalité plus pure.
Anne-Sophie REINEKE